VISION HÉLICOÏDALE

Lorsque, cet été, en pleine canicule, un vieil ami m’assura avoir vu des escargots géants au beau milieu d’un champ à peine moissonné, une moue plus que dubitative vint tout naturellement ourler mes lèvres. Les siennes avaient dû abuser de quelque boisson anisée… C’est la seconde déduction qui dévala mon cortex préfrontal, la première impliquant une surexposition de mon ami au soleil d’août. Supposition logique : mon ami avait tout simplement été victime d’une insolation. Celle-ci avait alors provoqué ses hallucinations visuelles en forme de mollusques gastéropodes titanesques. Quoi de plus crédible, après tout ? N’étant pas du tout de cet avis (que ce soit pour les effets supposés du soleil comme pour ceux de l’alcool), mon ami s’engagea, devant témoins, à fournir une preuve irréfutable de sa bonne foi. En effet, persuadé qu’on mettrait en doute son témoignage, il avait pris soin de photographier le spectacle incroyable auquel il avait assisté ce jour-là. Assurément, le fameux cliché cloua le bec à tous les incrédules.

À LA PAGE

La bataille du post-it se poursuit ardemment pour Morgane. Le mois dernier, étaient relayées ici les deux premières vidéos expliquant le combat insolite de la jeune autrice en pleine relecture du manuscrit de son deuxième livre. Aujourd’hui, sur un mode et un format audiovisuel similaires, sont relatés les épisodes 3 et 4 de la même aventure littéraire. Si l’intrigue principale ne se jouait pas entre un mur, un écran et un clavier, on pourrait voir, en ce défi singulier, une course contre la montre dans laquelle les aiguilles auraient été remplacées par des stylos à encre. Ou à ancre, selon les arrimages indésirables et les vitesses de croisière réaménagées.

ÉCART DE CONDUITE

Deux individus suspects, embusqués dans un véhicule manifestement trafiqué (absence de plaques d’immatriculation, contrôle technique non valide, attestation d’assurance non visible…), ont été vus en train d’importuner d’innocentes promeneuses sur une avenue très passante. À l’heure où les rapports hommes/femmes en général, et les questions de harcèlement sexuel en particulier, sont scrutés à la loupe, aucune indulgence n’est à espérer de la part des services chargés de sévir en cas d’infraction manifeste. L’intégrité physique et la sécurité des personnes est une priorité absolue. Or, dans ce cas particulier, un flagrant délit est manifeste : aucun des occupants de véhicules n’a consenti à boucler sa ceinture de sécurité !

JUSTE DEUX DOIGTS !

« Les verres à pied ne sont pas à mettre entre toutes les mains. », prétendait-elle avec assurance. « En toutes circonstances, il faut savoir les manier de façon originale et élégante. », poursuivait-elle avec révérence. Ses affirmations résonnaient comme d’étranges confidences, comme d’enivrantes sentences, comme de troublantes clairvoyances. Fallait-il s’en méfier ou y déceler un second sens ? La réponse survint en toute fin de soirée, après l’avoir raccompagnée jusqu’à son appartement. Le fameux dernier verre fut alors évoqué sans équivoque. Ayant délicatement abandonné ses escarpins vermillon au bord du tapis persan, voluptueusement alanguie sur son canapé lie de vin, elle me pria de servir un capiteux Saint-Émilion, divin élixir qu’elle avait pris soin de faire chambrer à part. Tendant la tulipe cristalline comme jamais je n’aurais imaginé qu’il fût possible de le tenter, elle ajouta : « Juste deux doigts ! Les verres à pied mettent parfois la tête à l’envers »…

À LIVRE OUVERT

Morgane a décidé de donner un dernier coup de collier, ou plutôt de clavier, à l’écriture de son premier roman. Sous la forme de courtes vidéos, dont les deux premières sont relayées ici, elle explique comment se met en place la dernière phase de son projet. Il ne s’agit pas d’un livre de comptes, ni d’un livre de chevet, encore moins d’un livre de poche ou d’un livre d’or. Il serait plutôt question d’un livre de bord un peu spécial : un livre audio… visuel partageant son quotidien de jeune autrice et détaillant les ultimes étapes d’un travail parfois ingrat mais toujours enrichissant. Certains y verront une façon de conjurer le (mauvais) sort de la page blanche ou la hantise du hors-délais. Morgane préfère aborder cet exercice littéraire sous l’angle d’une stimulation supplémentaire et d’une motivation partagée.